Des MOOC français, innovants, généreux et précurseurs

Les MOOCs génèrent actuellement un grand nombre d’articles dans la presse. Les Massive Online Open Courses sont en effet au centre d’enjeux stratégiques internationaux. La compétition a été lancée il y a deux ou trois ans par les grandes universités américaines.

Objectif : maîtriser l’énorme marché mondial de la formation et capter des cerveaux sur l’ensemble de la planète.
Dans la presse, les articles sont rarement appuyés sur l’expérience vécue, et évoquent plus les aspects financiers et culturels que la pédagogie.

Cet article retrace mon expérience. J’ai participé aux deux MOOCs précurseurs qui ont lancé le mouvement en France : en automne 2012 au 1er MOOC francophone (ITyPA) et au printemps 2013 au 1er MOOC francophone « certifiant » (ABC Gestion de projet). Ces deux MOOCs étaient très sérieux, très utiles, très fertiles ET sous-tendus par une volonté de partage : généreux.

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Un MOOC ? Mais… qu’est-ce qu’un MOOC ?

MOOC ?

MOOC = Massive Online Open Courses, littéralement, cours en ligne ouvert et accessible au plus grand nombre.

Les participants aux cours, enseignants et élèves, sont dispersés géographiquement et communiquent uniquement par Internet. Des ressources éducatives libres sont souvent utilisées. Le qualificatif « massif » quant à lui, est lié au grand nombre de participants ; dans le monde anglophone, il arrive fréquemment que 100000 personnes soient réunies pour un cours. Source : article de Wikipedia

Avec les MOOC, nous visons ce que le chercheur en innovation Clayton Christensen appelle les « non consommateurs », les exclus de fait du système. Exclus pour cause de ressources (augmentation continue des frais de scolarité qui rendent les études de moins en moins accessibles), exclus pour cause de modalités (pas de cours en soirée, la nuit, pendant les vacances) ou exclus pour cause de particularités (apprendre à son rythme, à sa manière, sans le regard des autres, etc.) – Rémi Bachelet, initiateur du MOOC de l’école Centrale de Lille

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Parmi les MOOCs, on distingue les cMOOCs et les xMOOCs

[twocol_one]Dans les cMOOC, les objectifs d’apprentissage sont ouverts et les participants créent dans une large mesure le contenu. Les cMOOC sont fondés sur la théorie de la connectivité et sur une pédagogie ouverte qui s’appuie sur des réseaux de contenus et d’individus.[/twocol_one] [twocol_one_last]Les xMOOC visent à valider les compétences acquises en délivrant un certificat de réussite. Un xMOOC est souvent issu d’une université. Le contenu et les objectifs d’apprentissage sont définis par les professeurs.[/twocol_one_last]

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Retour d’expérience du cMOOC ITyPA

Logo du MOOC ITyPA

J’ai eu la chance de participer activement l’automne dernier à un MOOC gratuit de 10 semaines : ITyPA : « Internet Tout y est Pour Apprendre » . Le MOOC ITyPA était le 1er MOOC francophone : historique ! ;-)

Le cours était centré sur l’acquisition des connaissances grâce au web. Son objectif : apprendre à utiliser différents outils comme des plateformes de veille et de partage, les flux RSS, mais aussi à gérer son identité numérique.

C’était un MOOC « connectiviste » (on dit un « cMOOC »), très enthousiasmant, très « libertaire », très riche, très collaboratif et productif : les traces de ce MOOC sont réunies dans un site à l’élaboration construit par des participants et auquel j’ai un peu participé : CapITyPA

Il était organisé et animé par des chercheurs/profs (facs et écoles d’ingénieurs) branchés innovation et pédagogie (Christine Vaufrey et Jean-Marie Gilliot entre autres).

Il a rassemblé 1500 inscrits et environ 150 participants actifs en fin de MOOC (10 semaines) : la déperdition est traditionnellement forte dans les MOOCs. Le MOOC ne comportait pas d’évaluation au sens classique du terme : pas d’examen. Un cMOOC s’appuie sur le partage : le principe était de publier ce que nous avions trouvé, écrit ou dessiné (cartes conceptuelles) pour que les autres participants puissent s’enrichir de nos productions.
Un des thèmes de travail qui m’a passionné était l’EAP : « l’Environnement d’apprentissage personnel« . C’est un concept essentiel dans le cadre d’un MOOC connectiviste. « L’EAP » est un système permettant à celui qui apprend de gérer ses apprentissages, il comporte à la fois des espaces personnels et des espaces d’interaction avec les autres :

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  • un réseau (des personnes avec qui on échange ou dont on suit les publications)
  • un environnement technique qui permet de travailler, de partager, d’échanger, d’écrire, de collaborer, de faire de la veille… etc. Et cet environnement technique est aujourd’hui très marqué par les outils du Web 2.0.

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Des participants ont assez rapidement créé des communautés autour du MOOC :

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[toggle title_open="MOOC ITyPA" title_closed="Pour en savoir +" hide="yes" border="yes" style="default" excerpt_length="0" read_more_text="Read More" read_less_text="Read Less" include_excerpt_html="no"]La prochaine session du MOOC ITyPA commencera en automne 2013, URL : http://www.itypa.mooc.fr/[/toggle]

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Retour d’expérience du xMOOC « ABC Gestion de projet »

LOGO MOOC GdP

J’ai participé au printemps 2013 à un autre MOOC français, innovant mais plus classique : Le MOOC ABC Gestion de projet.

Il était organisé et animé par une équipe rassemblée par Rémi Bachelet, un maître de conférences de l’Ecole Centrale de Lille. Très pro !

Ce MOOC « ABC Gestion de projet » est ce qu’on appelle un « xMOOC », conçu comme ceux qu’organisent les grandes universités américaines depuis deux ou trois ans, avec des objectifs de compétences pré-définis mesurables.

Il concernait la gestion de projet. Il était gratuit lui aussi. Il durait 4 semaines. Il demandait entre 4 et 12 heures de travail par semaine.

On pouvait y obtenir un « certificat », qui est une validation, mais pas encore reconnue sur le plan universitaire. Trois niveaux étaient proposés dans ce MOOC : certificat basique, certificat avancé et certificat par équipe.

Le MOOC « ABC Gestion de projet » a rassemblé environ 2700 inscrits à son démarrage. Les participants étaient venaient principalement de France et d’Afrique francophone.

La première édition du MOOC GdP est terminée avec succès : 1761 certificats ont été decernés, soit un taux de réussite global de 66%.

Ce xMOOC était lui aussi une expérimentation avec une étude de chercheurs en arrière-plan pour voir comment en organiser d’autres ensuite, pour que la France et ses grandes écoles ne restent pas à la traîne sur le marché international de la formation …et de la captation des « cerveaux » des pays émergents et des tiers et quart mondes…

Les cours étaient accessibles sur Canvas, une plateforme utilisée aussi par de grands MOOCs américains. On y accédait à des cours très précis mais pas trop difficiles sur la gestion de projet (GDP) : ils étaient découpés en vidéos de 5mn, et on passait sur la plateforme des évaluations en ligne hebdomadaires.

Le MOOC proposait avec un forum interne sur la plateforme Canvas, mais aussi sur plusieurs autres espaces web coordonnés :

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[toggle title_open="MOOC ITyPA" title_closed="Pour en savoir +" hide="yes" border="yes" style="default" excerpt_length="0" read_more_text="Read More" read_less_text="Read Less" include_excerpt_html="no"]Le prochain MOOC Gestion de projet commencera le 16 septembre 2013 URL : http://gestiondeprojet.pm/771/[/toggle]

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Vidéo d’un barcamp sur le sujet