Ne partagez pas cet article sur les réseaux sociaux, lisez le ! Lorsque vous réfléchissez à la stratégie de contenu que vous allez déployer sur les médias et réseaux sociaux, vous adaptez forcément votre message, votre contenu, votre ou vos visuels aux réseaux sociaux que vous allez utiliser. Une vidéo de 30s à 1m30 est plus adaptée à Facebook ou Twitter qu’une vidéo de 10 mn qui est elle plus adaptée à une chaîne Youtube. Une cover Facebook ne s’adaptera pas à une cover Twitter, un hashtag sera cliquable sur Facebook, Twitter et Google + mais ne l’est pas sur LinkedIn…

Ce n’est pas une révélation mais on sait qu’il n’y a pas ou peu de corrélation entre le nombre de j’aime, retweet, +1 et le taux de clic sur le lien d’un article1 et encore moins sur la lecture complète de l’article2 partagé. Outre l’importance du contenu, Google a inclus dans son algorithme les partages sur les médias et réseaux sociaux.

Les chiffres autour du partage sur les réseaux sociaux donnent le vertige : Facebook 4,75 milliards de contenu partagé par jour, 500 millions de tweets jour… Oublions les plus de 3 millions 300 000 retweets du selfie organisé d’Ellen DeGeneres.

Les partages sur les réseaux sociaux sont nombreux, d’autant que les outils mis à disposition sont eux aussi de plus en plus nombreux :

  • HootSuite
  • Buffer
  • dlvr.it

Il faut quand même différencier 2 grands types d’outils, les outils de programmation et ceux d’automatisation. Dans le cas des outils d’automatisation vous n’avez aucun contrôle sur le partage du contenu comme c’est le cas par exemple pour Paper.li ou Tweetedtimes :

Dans notre société de consommation de l’information où l’infobésité, la surcharge informationnelle règnent en maitre sur les contenus, le partage est souvent assimilé à de l’intelligence collective mais mal utilisée l’intelligence peut vite se transformer en connerie collective. Je pense qu’il y a une adéquation entre la qualité du contenu partagé et le nombre d’abonnés supplémentaires que vous allez recevoir mensuellement. Les techniques de partage sont multiples. Du plus chronophage si vous cherchez de la qualité comme fil rouge de votre ligne éditoriale à la version industrielle, où peu importe le contenu tweeté (même si vous n’êtes pas devant votre smartphone ou ordinateur) du moment que le contenu se déverse dans les canaux sociaux et de communication. Le partage est chronophage mais ce n’est pas une raison pour confondre vitesse et précipitation.

Réseaux sociaux : Montre moi comment tu partages je te dirai qui tu es !

Sur Twitter il est assez facile d’analyser en mode public la manière dont un Twittos partage son contenu, un dashboard comme Tweetdeck ou HootSuite vous permet facilement de trouver le « client » avec lequel l’utilisateur tweete (quel programme il utilise pour tweeter).

Ci-dessous 3 tweets visibles sous Tweetdeck et HootSuite, le client (programme utilisé) qui a servi à tweeter est visible sous certains dashboards de veille comme Tweetdeck ou Hootsuite.

Partages sur les réseaux sociaux

Une seconde technique peut être utilisée en observant l’url raccourcie, elle indique généralement l’outil utilisé. Dans cet exemple ci-dessous Adrien utilise buffer pour partager un article de Veille Digitale : http://buff.ly/XXXX

Le partage de LinkedIn vers Twitter doit passer par une phase d’éditorialisation, dans le cas contraire, le twittos aura du mal à comprendre votre tweet, le message principal est absent !

Pourquoi ? Twitter a développé les Twitter Cards qui permettent lorsque l’on partage une URL de voir la miniature de l’article (Summary Card & Summary Card with large image). Retenons qu’il n’y a pas d’Interopérabilité entre les LinkedIn cards et les Twitter cards. Sur LinkedIn on comprend parfaitement de quelle inscription il s’agit :

Un exemple de LinkedIn card

Problématique identique ici :

Les seules « cards » partageables sous LinkedIn sont celles issues de l’outil de publication de LinkedIn : Pulse

Sur Facebook, le partage fait à partir d’un compte Twitter ou Instagram est indiqué en haut du post. Pour Instagram le partage vers Facebook est plus propre, même si les @nomdecompte mentionnés dans le commentaire de la photo ne sont pas cliquables sur Facebook. Instagram appartenant à Facebook les API3 permettent de faire apparaitre un partage plus propre. Twitter a coupé les API pour instagram ce qui donne un partage en natif sur Twitter sans photo et la plupart du temps un texte coupé au 140ème caractère :

Le post original

Banana Cake

Le partage sur Twitter

Le texte original se coupe en plein milieu d’une phrase il dépasse en effet les 140 caractères autorisés, la photo ne s’affiche pas… Quel intérêt ? Instagram est un réseau visuel si le visuel est absent de Twitter le contenu perd en efficacité :

Et des partages de posts d’Instagram sur Twitter il y en a…

Le partage social peut être abordé de multiples manières, basons-nous sur l’outil utilisé pour partager un contenu sur les réseaux sociaux et ainsi dégageons les grandes tendances.

Relier ses comptes sociaux entre eux

 Bonne ou mauvaise idée… Selon moi une très mauvaise idée, partager un contenu identique sur 2 réseaux sociaux distincts est une hérésie si vous conservez une forme identique sur les deux réseaux et ce même si votre communauté est différente. Hootsuite favorise cette erreur. Par exemple il est assez facile de détecter les posts partagés sur Twitter et sur LinkedIn , les #hashtags et @nomducompte qui se glissent sur le réseau social professionnel LinkedIn ne servent strictement à rien puisqu’ils n’ont pas forcément le même nom de compte sur LinkedIn et sur Twitter. L’intérêt du hashtag sur Twitter c’est qu’il rassemble un ensemble de tweet traitant du même sujet, cette fonctionnalité est absente sur LinkedIn…

Le temps et l’infobésité ennemis de la stratégie de contenu

Faut-il tout partager ? Non je ne le pense pas… Nous sommes tous les jours noyés par la sur-information la même information reprise par l’ensemble des blogs / sites d’actualité /… cette sur-information est elle même partagée, retweetée ou citée sur les différents canaux sociaux. Je ne partage que 3 à 4 articles par jour, articles que j’ai lu… J’évite de partager plusieurs fois le même contenu (même si cela peut être intéressant pour les marques par exemple : le replay d’une émission pour être posté ou tweeté 1 fois par jour pendant 7 jours). Je n’utilise pas de partage automatique ni de programmation. Je pense que pour un compte personnel / professionnel (hors marque) le partage manuel est une bonne solution, plus propre et plus optimisé pour le contenu.

La programmation

Vous pouvez avoir le besoin d’utiliser des services de programmation de vos posts tweets voir de partager le même contenu sur votre compte Twitter, Facebook, … Il existe de nombreux services comme Buffer qui font très bien l’affaire à condition d’y mettre une touche manuelle, humaine. Il existe également des services destinés aux marques avec une programmation assez fine mais qui nécessite un réel paramétrage avant de déverser votre contenu à votre communauté.

J’ai partagé le 23 mars un article du Monde sur les utilisateurs de Twitter en France :

Je ne cherche pas les RT mais 14 Retweets c’est plutôt une information intéressante pour ma communauté. Le tweet est construit de manière classique « Titre de l’article » un hashtag sur un des mots principaux du titre et une URL qui renvoie vers l’article et j’ai découpé une partie de l’infographie du Monde pour illustrer mon tweet. J’ai reçu plusieurs notifications hors des 14 RT ce qui m’a un peu mis la puce à l’oreille lorsque les notifications sont issues d’un même compte.

Alban Jarry a repris mon tweet en me citant ce qui est la base de la bienséance sur Twitter, je reçois donc une notification le 23 mars sur le même titre de mon tweet mais qui ne renvoie pas vers l’URL du Monde mais vers le site d’Alban :

Alban Jarry Website

 

On ne parlera pas ici de curation puisqu’il n’y a pas l’étape de l’éditorialisation de l’information et donc une absence de commentaire de la part d’Alban qui est la valeur ajoutée de la curation. Nous sommes ici plus dans une ferme à liens dont l’objectif est d’apporter du trafic via des micro résumés d’articles provenant d’autres sources d’information (Agrégation de contenus tierces).

Au total Alban a posté l’article sur Twitter 11 fois, j’ai donc reçu plus de 40 notifications entre les RT et les Like <3 de Twitter. Au total les 11 tweets ont généré 33 retweets pour 36 600 abonnés.

Alban Jarry

Deux types d’URL sont utilisées dans les tweets d’Alban l’URL source de son blog et une URL de type partage sur LinkedIn : https://lnkd.in/dJ_bTgm qui renvoie vers le blog d’Alban. Le même contenu est également partagé sur Facebook :

Alban Jarry

 

Alban utilise sociallymap un service puissant de programmation et de partage sur les réseaux sociaux. Alban programme 3 fois par jour le même contenu :

 

Alban Jarry

 

Conclusion

Le partage est une valeur, une valeur honorable mais partager de nombreuses fois le même contenu automatiquement déshumanise la notion même de partage voir participe à la sur-abondance d’information sur le Web. Posons nous la question « Pourquoi partager ? » pour donner une information interessante à votre communauté ? ou pour générer du trafic vers votre site Web ? Les deux peuvent-être un objectif mais en gardant à l’esprit le qualitatif sur le quantitatif vous éviterez ainsi que l’on vous prenne pour un bot.

Notes

  1. Novembre 2012, Dan ZARRELLA – New Data Indicates Twitter Users Don’t Always Click the Links They Retweet.
  2. Juin 2013, Farhad MANJOO – You Won’t Finish This Article
  3. Définition Wikipédia : « Interface de programmation : En informatique, une interface de programmation (souvent désignée par le terme API pour Application Programming Interface) est un ensemble normalisé de classes, de méthodes ou de fonctions qui sert de façade par laquelle un logiciel offre des services à d’autres logiciels. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Interface_de_programmation.